Accueil > Code Général de la Fonction Publique > Livre VIII : PRÉVENTION ET PROTECTION EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ AU (...)

Livre VIII : PRÉVENTION ET PROTECTION EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL (Articles L811-1 à L829-2)

Livre VIII : PRÉVENTION ET PROTECTION EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL (Articles L811-1 à L829-2)

Titre Ier : PRÉVENTION EN MATIÈRE DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL (Articles L811-1 à L814-2)

Chapitre Ier : Dispositions générales relatives à l’hygiène et la sécurité (Articles L811-1 à L811-2)

Article L811-1

Les règles applicables en matière d’hygiène et de sécurité dans les services, collectivités et établissements mentionnés aux articles L. 3 et L. 4 sont celles définies par les livres Ier à V de la quatrième partie du code du travail ainsi que par l’article L. 717-9 du code rural et de la pêche maritime. Il peut toutefois y être dérogé par décret en Conseil d’Etat.

Article L811-2

Les règles applicables en matière d’hygiène et de sécurité dans les services des établissements mentionnés à l’article L. 5 sont celles définies dans la quatrième partie du code du travail, en application de l’article L. 4111-1 de ce code. Elles peuvent toutefois être adaptées en application de l’article L. 4111-2 de ce même code.
Chapitre II : Missions et organisation des services (Articles L812-1 à L812-5)

Article L812-1

Dans les services des collectivités et établissements mentionnés à l’article L. 4, l’autorité territoriale désigne le ou les agents territoriaux chargés d’assurer sous sa responsabilité la mise en œuvre des règles d’hygiène et de sécurité.
L’agent chargé d’assister l’autorité territoriale peut être mis à disposition, pour tout ou partie de son temps, par une commune, l’établissement public de coopération intercommunale dont est membre la commune, ou le centre de gestion. Dans ce cas, il exerce sa mission sous la responsabilité de l’autorité territoriale auprès de laquelle il est mis à disposition.

Article L812-2

Les centres de gestion peuvent assurer le conseil de la mise en œuvre des règles d’hygiène et de sécurité par la mise à disposition d’agents chargés de la fonction d’inspection des collectivités territoriales et établissements publics qui en font la demande. Cette mission fait l’objet d’une convention avec la collectivité bénéficiaire afin de définir les modalités de sa prise en charge financière.

Article L812-3

Les collectivités et établissements mentionnés à l’article L. 4 doivent disposer d’un service de médecine préventive :
1° Soit en créant leur propre service ;
2° Soit en adhérant :
Aux services de prévention et de santé au travail interentreprises ou assimilés ;
A un service commun à plusieurs employeurs publics ;
Au service créé par le centre de gestion selon les modalités mentionnées à l’article L. 452-47 ;
Les dépenses en résultant sont à la charge des collectivités et établissements concernés.

Article L812-4

Le service de médecine préventive mentionné à l’article L. 812-3 a pour mission d’éviter toute altération de l’état de santé des agents territoriaux du fait de leur travail, notamment en surveillant leur état de santé, les conditions d’hygiène du travail ainsi que les risques de contagion.
A cet effet, les agents font l’objet d’une surveillance médicale et sont soumis :
1° A un examen médical au moment de leur recrutement ;
2° A un examen médical périodique.

Article L812-5

Le service de médecine préventive mentionné à l’article L. 812-3 est consulté par l’autorité territoriale sur les mesures de nature à améliorer l’hygiène générale des locaux, la prévention des accidents et des maladies professionnelles et l’éducation sanitaire.
Chapitre III : Actions en faveur des agents (Articles L813-1 à L813-3)

Article L813-1

Les agents publics occupant des emplois présentant des risques d’usure professionnelle bénéficient d’un entretien de carrière.

Article L813-2

Les agents territoriaux ayant été exposés dans le cadre de leurs fonctions à un agent cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction ou figurant sur l’un des tableaux mentionnés à l’article L. 461-2 du code de la sécurité sociale ont droit à un suivi médical après avoir cessé définitivement leurs fonctions au sein d’une collectivité ou d’un établissement mentionné à l’article L. 4 du présent code.
Ce suivi est pris en charge par la dernière collectivité ou le dernier établissement au sein duquel ils ont été exposés.

Article L813-3

Les employeurs publics transmettent à l’autorité compétente les données nécessaires à la connaissance des accidents de service et des maladies professionnelles.
Chapitre IV : Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (Articles L814-1 à L814-2)

Article L814-1

Les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers relevant du régime de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales bénéficient du fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, créé au sein de cette caisse.

Article L814-2

Le fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles a pour missions, au profit des collectivités et établissements mentionnés aux articles L. 4 et L. 5 :
1° D’établir, au plan national, les statistiques des accidents du travail et des maladies professionnelles constatées dans ces collectivités et établissements, en tenant compte de leurs causes et des circonstances dans lesquelles ils sont survenus, de leur fréquence et de leurs effets ;
2° D’élaborer, à l’attention de ces collectivités et établissements, des recommandations d’actions en matière de prévention ;
3° De définir un programme d’actions dans le cadre de la politique fixée par les autorités compétentes de l’Etat, après avis et propositions du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et du Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière ;
4° De participer au financement, sous la forme d’avances ou de subventions, des mesures de prévention conformes au programme d’actions arrêtées par ces collectivités et établissements.
Pour l’accomplissement de ces missions, le fonds peut conclure une convention avec tout service ou organisme œuvrant dans le domaine de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Titre II : PROTECTIONS LIÉES À LA MALADIE, À L’ACCIDENT, À L’INVALIDITÉ OU AU DÉCÈS (Articles L821-1 à L829-2)

Chapitre Ier : Conseil médical et médecins agréés (Article L821-1)

Article L821-1

Un conseil médical est saisi pour avis à l’occasion de l’octroi d’un congé mentionné au chapitre II dans les cas déterminés par un décret en Conseil d’Etat.
Ce décret fixe également les modalités d’organisation et de fonctionnement du conseil médical.
Chapitre II : Congés pour raison de santé, accidents de services et maladies professionnelles (Articles L822-1 à L822-30)

Section 1 : Congés de maladie (Articles L822-1 à L822-5)

Article L822-1

Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de maladie lorsque la maladie qu’il présente est dûment constatée et le met dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions.

Article L822-2

La durée totale des congés de maladie peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs.

Article L822-3

Au cours de la période définie à l’article L. 822-2, le fonctionnaire en congé de maladie perçoit :
1° Pendant trois mois, l’intégralité de son traitement ;
2° Pendant les neuf autres mois, la moitié de son traitement.
Il conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l’indemnité de résidence.

Article L822-4

Lorsque la maladie mettant le fonctionnaire dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions résulte de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d’une ou plusieurs personnes, le fonctionnaire conserve l’intégralité de son traitement jusqu’à ce qu’il soit en état de reprendre son service ou jusqu’à sa mise en retraite.
L’intéressé a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par sa maladie ou l’accident.

Article L822-5

Le bénéfice des dispositions de la présente section est subordonné à la transmission par le fonctionnaire à son administration de l’avis d’arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie.

Section 2 : Congés de longue maladie (Articles L822-6 à L822-11)

Article L822-6

Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de longue maladie, dans les cas où il est constaté que la maladie met l’intéressé dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée.

Article L822-7

La durée maximale des congés de longue maladie dont peut bénéficier le fonctionnaire est de trois ans.

Article L822-8

Le fonctionnaire en congé de longue maladie perçoit :
1° Pendant un an, la totalité de son traitement ;
2° Pendant les deux années suivantes, la moitié de celui-ci.
L’intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l’indemnité de résidence.

Article L822-9

Le congé de longue maladie peut être utilisé de façon continue ou discontinue.

Article L822-10

Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue maladie en conserve le bénéfice auprès de toute personne publique qui l’emploie ainsi que les modalités d’utilisation afférentes.

Article L822-11

Le fonctionnaire ayant obtenu un congé de longue maladie ne peut bénéficier d’un autre congé de cette nature s’il n’a pas auparavant repris l’exercice de ses fonctions pendant un an.

Section 3 : Congés de longue durée (Articles L822-12 à L822-17)

Article L822-12

Le fonctionnaire en activité a droit à un congé de longue durée lorsqu’il est atteint de :
1° Tuberculose ;
2° Maladie mentale ;
3° Affection cancéreuse ;
4° Poliomyélite ;
5° Déficit immunitaire grave et acquis.

Article L822-13

Sur la demande du fonctionnaire, l’administration peut, après avis du conseil médical, maintenir celui-ci en congé de longue maladie, lorsqu’il peut prétendre au congé de longue durée.

Article L822-14

Hormis le cas où le fonctionnaire ne peut prétendre à un congé de longue maladie à plein traitement, un congé de longue durée ne peut lui être accordé qu’au terme de la période rémunérée à plein traitement du congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection.
Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée.

Article L822-15

Le fonctionnaire bénéficiaire d’un congé de longue durée a droit :
1° Pendant trois ans à l’intégralité de son traitement ;
2° Pendant les deux années suivantes à la moitié de celui-ci.
L’intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l’indemnité de résidence.

Article L822-16

Le congé de longue durée peut être utilisé de façon continue ou discontinue.

Article L822-17

Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue durée en conserve le bénéfice auprès de toute personne publique qui l’emploie ainsi que les modalités d’utilisation afférentes.

Section 4 : Accidents de service et maladies professionnelles (Articles L822-18 à L822-25)

Article L822-18

Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu’en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d’une activité qui en constitue le prolongement normal, en l’absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l’accident du service.

Article L822-19

Est reconnu imputable au service, lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit en apportent la preuve ou lorsque l’enquête permet à l’autorité administrative de disposer des éléments suffisants, l’accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s’accomplit son service et sa résidence ou son lieu de restauration et pendant la durée normale pour l’effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l’accident du service.

Article L822-20

Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau.
Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d’exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu’elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu’elle est directement causée par l’exercice des fonctions.
Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu’elle est essentiellement et directement causée par l’exercice des fonctions et qu’elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d’Etat.

Article L822-21

Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à :
1° Un accident reconnu imputable au service tel qu’il est défini à l’article L. 822-18 ;
2° Un accident de trajet tel qu’il est défini à l’article L. 822-19 ;
3° Une maladie contractée en service telle qu’elle est définie à l’article L. 822-20.
Les définitions mentionnées aux 1°, 2° et 3° ne sont pas applicables au régime de réparation de l’incapacité permanente du fonctionnaire.

Article L822-22

Le fonctionnaire bénéficiaire d’un congé pour invalidité temporaire imputable au service conserve l’intégralité de son traitement jusqu’à ce qu’il soit en état de reprendre son service ou jusqu’à sa mise à la retraite.

Article L822-23

La durée du congé pour invalidité temporaire imputable au service est assimilée à une période de service effectif.
L’autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l’état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé.

Article L822-24

Le fonctionnaire qui bénéficie d’une reconnaissance d’imputabilité au service d’un accident ou d’une maladie a droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par sa maladie ou son accident.

Article L822-25

L’employeur public est subrogé dans les droits éventuels du fonctionnaire victime d’un accident provoqué par un tiers jusqu’à concurrence du montant des charges qu’il a supportées ou supporte du fait de cet accident. Il est admis à poursuivre directement contre le responsable du dommage ou son assureur le remboursement des charges patronales afférentes aux rémunérations maintenues ou versées audit fonctionnaire pendant la période d’indisponibilité de celui-ci par dérogation aux dispositions des articles L. 825-2 et L. 825-3.

Section 5 : Congé accordé au fonctionnaire invalide pour faits de guerre (Article L822-26)

Article L822-26

En cas d’indisponibilité résultant de ses infirmités, le fonctionnaire en activité ayant, pendant sa présence sous les drapeaux au cours d’une guerre, d’une expédition déclarée campagne de guerre, ou d’opérations extérieures prévues à l’article L. 4123-4 du code de la défense, soit reçu des blessures, soit contracté une maladie ayant ouvert droit à pension au titre du livre Ier du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, à titre militaire ou en qualité de victime civile de guerre, peut être mis en congé avec traitement intégral jusqu’à son rétablissement et éventuellement sa mise à la retraite. Le total des congés ainsi accordés ne peut excéder deux ans.
Le congé est accordé sur la demande du fonctionnaire, après constat et avis du conseil médical dont il relève que ses infirmités ne le rendent pas définitivement inapte à l’exercice de ses fonctions.
Section 6 : Situation administrative des agents en congé pour raison de santé (Articles L822-27 à L822-30)

Article L822-27

Le traitement ou la rémunération de l’agent public durant les congés prévus au présent chapitre est maintenu dans les conditions prévues pour ces congés, sauf durant la période prévue à l’article 115 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018.

Article L822-28

La période pendant laquelle l’agent public bénéficie d’un congé pour raison de santé ne peut générer de temps de repos lié au dépassement de la durée annuelle du travail.

Article L822-29

Le fonctionnaire demandant le bénéfice ou bénéficiant de congés prévus aux sections 1 à 4 est tenu de se soumettre à des obligations en vue de l’octroi ou du maintien de ses congés, sous peine de voir réduire ou supprimer le traitement qui lui avait été conservé.

Article L822-30

A sa demande et sous réserve d’un avis médical favorable, un fonctionnaire peut bénéficier d’une formation ou d’un bilan de compétences ou pratiquer une activité durant un des congés prévus aux sections 1 à 4, en vue de sa réadaptation ou de sa reconversion professionnelle.

Chapitre III : Temps partiel pour raison thérapeutique (Articles L823-1 à L823-6)

Article L823-1

Le fonctionnaire en activité peut être autorisé à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique lorsque l’exercice des fonctions à temps partiel permet :
1° Soit le maintien ou le retour à l’emploi de l’intéressé et que cet exercice est reconnu comme étant de nature à favoriser l’amélioration de son état de santé ;
2° Soit à l’intéressé de bénéficier d’une rééducation ou d’une réadaptation professionnelle pour retrouver un emploi compatible avec son état de santé.

Article L823-2

Le fonctionnaire autorisé à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique conserve le bénéfice de l’autorisation qui lui a été donnée auprès de toute personne publique qui l’emploie.

Article L823-3

Le temps partiel pour raison thérapeutique ne peut pas être inférieur au mi-temps.

Article L823-4

Durant l’accomplissement de son service à temps partiel pour raison thérapeutique le fonctionnaire perçoit l’intégralité de son traitement, du supplément familial de traitement et de l’indemnité de résidence.

Article L823-5

Le service accompli au titre du temps partiel thérapeutique peut être exercé de manière continue ou discontinue pour une période dont la durée totale peut atteindre un an au maximum.

Article L823-6

Au terme de ses droits à exercer un service à temps partiel pour raison thérapeutique, le fonctionnaire peut bénéficier d’une nouvelle autorisation, au même titre, à l’issue d’un délai minimal d’un an.

Chapitre IV : Allocation temporaire d’invalidité versée après un accident de service ou une maladie professionnelle (Articles L824-1 à L824-2)

Article L824-1

Le fonctionnaire qui a été atteint d’une invalidité résultant d’un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d’au moins 10 % ou d’une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d’invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille fixée par décret, correspondant au pourcentage d’invalidité.

Article L824-2

Le titulaire d’une rente d’accident du travail, dont la titularisation dans la fonction publique prend effet à une date antérieure à celle de l’accident générateur de cette rente, cesse de bénéficier de la législation du code de la sécurité sociale en matière d’accidents du travail à cette même date.

Chapitre V : Exercice de l’action directe et subrogatoire de la personne publique (Articles L825-1 à L826-29)

Article L825-1

L’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics à caractère administratif disposent de plein droit contre le tiers responsable du décès, de l’infirmité ou de la maladie d’un agent public, par subrogation aux droits de ce dernier ou de ses ayants droit, d’une action en remboursement de toutes les prestations versées ou maintenues à l’agent public ou à ses ayants droit et de toutes les charges qu’ils ont supportées à la suite du décès, de l’infirmité ou de la maladie.

Article L825-2

La personne publique est admise à poursuivre directement contre le responsable du dommage ou son assureur :
1° La réparation, dans les conditions fixées par le présent code, du préjudice éprouvé par le fonctionnaire à la suite du dommage mentionné au chapitre II de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l’amélioration de la situation des victimes d’accidents de la circulation et à l’accélération des procédures d’indemnisation ;
2° Le remboursement des charges patronales afférentes à la rémunération maintenue ou versée au fonctionnaire pendant la période de son indisponibilité.

Article L825-3

A l’exception de l’action appartenant à la personne publique lorsqu’elle est tenue de réparer le préjudice éprouvé par un fonctionnaire dans les conditions fixées par le présent code, l’action subrogatoire prévue à l’article L. 825-1 est exclusive de toute autre action de la personne publique contre le tiers responsable du dommage ou son assureur.

Article L825-4

L’action subrogatoire concerne notamment :
1° La rémunération brute pendant la période d’interruption du service ;
2° Les frais médicaux et pharmaceutiques ;
3° Les arrérages des pensions et rentes viagères d’invalidité ainsi que les allocations et majorations accessoires ;
4° Le capital-décès ;
5° Les arrérages des pensions de retraite et de réversion prématurées, jusqu’à la date à laquelle l’agent public aurait pu normalement faire valoir ses droits à pension, ainsi que les allocations et majorations accessoires ;
6° Les arrérages des pensions d’orphelin ;
7° Les charges patronales afférentes à la rémunération maintenue ou versée au fonctionnaire pendant la période de son indisponibilité.
Le remboursement par le tiers responsable des arrérages de pensions ou rentes ayant fait l’objet d’une concession définitive est effectué par le versement d’une somme liquidée en calculant le capital représentatif de la pension ou de la rente.

Article L825-5

Lorsque la responsabilité du dommage est partagée entre le tiers et l’agent public, la personne publique peut recourir contre le tiers pour la totalité des prestations auxquelles elle est tenue, à la condition que leur montant n’excède pas celui de la réparation mise à la charge du tiers.
Ce recours ne peut s’exercer sur la part des dommages-intérêts correspondant à des préjudices qui, en raison de leur nature, ne se trouvent pas au moins partiellement couverts par les prestations mentionnées à l’article L. 825-4.

Article L825-6

L’agent public victime ou ses ayants droit engageant une action contre le tiers responsable doivent appeler en déclaration de jugement commun la personne publique intéressée et indiquer la qualité qui leur ouvre droit aux prestations de celle-ci à peine de nullité du jugement fixant l’indemnité.
A défaut de cette indication, la nullité du jugement sur le fond peut être demandée par toute personne intéressée pendant deux ans à compter de la date à partir de laquelle ce jugement est devenu définitif.

Article L825-7

Le juge qui n’est pas en mesure d’apprécier l’importance des prestations dues par la personne publique, au moment où il est appelé à se prononcer sur la demande en réparation du fonctionnaire ou de ses ayants droit, sursoit à statuer et accorde éventuellement une indemnité provisionnelle.

Article L825-8

Le règlement amiable pouvant intervenir entre le tiers et le fonctionnaire ou ses ayants droit ne peut être opposé à la personne publique qu’autant que celle-ci a été invitée à y participer par tout moyen permettant de s’assurer que la personne a été régulièrement notifiée, son silence, deux mois après la notification de cette invitation, le rendant définitif.

Chapitre VI
Prise en charge de l’inaptitude de l’agent public à exercer ses fonctions

Section 1
Dispositions communes

Article L826-1

Lorsqu’un fonctionnaire est reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions par suite de l’altération de son état de santé, son poste de travail fait l’objet d’une adaptation, lorsque cela est possible.

Article L826-2

Le fonctionnaire reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions a droit à une période de préparation au reclassement, avec maintien du traitement, pendant une durée maximale d’un an. Cette période est assimilée à une période de service effectif.
Par dérogation, le fonctionnaire à l’égard duquel une procédure tendant à reconnaître son inaptitude à l’exercice de ses fonctions a été engagée, a droit à la période de préparation au reclassement mentionnée au premier alinéa.

Article L826-3

Le fonctionnaire reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions par suite de l’altération de son état de santé dont le poste de travail ne peut être adapté, peut être reclassé dans un emploi d’un autre corps ou cadre d’emplois en priorité dans son administration d’origine ou, à défaut, dans toute administration ou établissement public mentionnés à l’article L. 2, s’il a été déclaré en mesure de remplir les fonctions correspondantes.
Le reclassement peut être réalisé par intégration dans un autre grade du même corps, du même cadre d’emplois ou le cas échéant, du même emploi.
Le reclassement est subordonné à la présentation d’une demande par l’intéressé.
Par dérogation, la procédure de reclassement peut être engagée en l’absence de demande de l’intéressé qui dispose, dans ce cas, de voies de recours.

Article L826-4

Le fonctionnaire reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions, peut être reclassé par la voie du détachement dans un corps, cadre d’emplois ou emploi de niveau équivalent ou inférieur.
Au terme d’une période d’un an, le fonctionnaire ainsi détaché peut demander son intégration dans le corps, cadre d’emplois ou emploi de détachement.

Article L826-5

En vue de permettre son reclassement, le fonctionnaire reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions peut, quelle que soit la position dans laquelle il se trouve, accéder à tout corps, cadre d’emplois ou emploi d’un niveau supérieur, équivalent ou inférieur.
Le reclassement s’effectue selon les modalités et les conditions d’ancienneté fixées par le statut particulier de ce corps, ce cadre d’emplois ou cet emploi, nonobstant la limite d’âge supérieure, en application :
1° Des dispositions relatives au recrutement par promotion interne ;
2° Pour la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière, des dispositions relatives au recrutement par concours et au recrutement sans concours mentionné aux articles L. 326-1 et L. 352-4.

Article L826-6

Le fonctionnaire reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions, qui est classé dans son emploi de détachement ou d’intégration en application de la présente section, à un échelon doté d’un indice brut inférieur à celui détenu dans son grade d’origine, conserve, à titre personnel, le bénéfice de son indice brut jusqu’au jour où il bénéficie dans son nouveau corps, cadre d’emplois ou emploi, d’un indice brut au moins égal.

Section 2 : Dispositions particulières à la fonction publique territoriale et à la fonction publique hospitalière (Articles L826-7 à L826-11)

Article L826-7

Pendant la période de préparation au reclassement mentionnée à l’article L. 826-2, le fonctionnaire territorial peut être mis à disposition du centre de gestion pour exercer une mission définie à l’article L. 452-44.

Article L826-8

La charge financière résultant du maintien de l’indice brut du fonctionnaire territorial reclassé tel qu’il est prévu par les dispositions de l’article L. 826-6 incombe au centre de gestion lorsque la collectivité ou l’établissement est affilié.

Article L826-9

Le fonctionnaire territorial recruté dans un cadre d’emplois de niveau hiérarchique inférieur, en application des dispositions de l’article L. 826-5 est classé au premier grade en prenant en compte les services qu’il a accomplis dans son cadre d’emplois d’origine, sur la base de l’avancement dont il aurait bénéficié s’il avait accompli ces services dans son nouveau cadre d’emplois.
Les services pris en compte en application du premier alinéa sont assimilés à des services effectifs dans le cadre d’emplois d’accueil.

Article L826-10

Lorsque l’agrément d’un agent de police municipale est retiré ou suspendu dans les conditions prévues au troisième alinéa de l’article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure, le maire ou le président de l’établissement public de coopération intercommunale peut proposer , un reclassement dans un autre cadre d’emplois dans les mêmes conditions que celles prévues à la section 1 et à la présente section du chapitre VI du présent titre, relatives au reclassement du fonctionnaire territorial reconnu inapte à l’exercice de ses fonctions. Par dérogation au troisième alinéa de l’article L. 826-3, cette proposition n’est pas subordonnée à une demande de l’intéressé.

Article L826-11

Le fonctionnaire hospitalier ayant accédé à un corps de niveau hiérarchique inférieur par reclassement intervenu soit en application de l’article L. 826-3, soit par voie de détachement en application de l’article L. 826-4 est classé au premier grade de son corps ou cadre d’emplois d’accueil, compte tenu des services accomplis dans son corps d’origine, sur la base de l’avancement dont il aurait bénéficié s’il les avait accomplis dans le corps ou cadre d’emplois d’accueil.
Les services ainsi pris en compte sont assimilés à des services effectifs dans le corps ou cadre d’emplois d’accueil.

Section 3 : Cessation des fonctions opérationnelles des sapeurs-pompiers professionnels (Articles L826-12 à L826-29)

Sous-section 1 : Admission au bénéfice d’un projet de carrière (Articles L826-12 à L826-14)

Article L826-12

Le sapeur-pompier professionnel âgé d’au moins cinquante ans peut demander qu’une commission médicale constituée à cet effet constate qu’il rencontre des difficultés incompatibles avec l’exercice des fonctions opérationnelles relevant des missions confiées aux services d’incendie et de secours.
En cas de contestation de l’appréciation faite par la commission médicale, le sapeur-pompier ou son autorité d’emploi peut solliciter un nouvel examen auprès du conseil médical.

Article L826-13

Le sapeur-pompier professionnel bénéficie d’un projet de fin de carrière lorsque la commission médicale prévue à l’article L. 826-12 constate qu’il rencontre des difficultés incompatibles avec l’exercice de fonctions opérationnelles.
Ce projet peut avoir lieu selon l’une des modalités suivantes :
1° Une affectation à des fonctions non opérationnelles au sein du service d’incendie et de secours, dans les conditions prévues par la sous-section 2 ;
2° Un reclassement dans un autre cadre d’emplois, dans les conditions prévues par la sous-section 3 ;
3° Un congé pour raison opérationnelle, dans les conditions prévues par la sous-section 4.
La décision fixant la modalité d’un projet de fin de carrière ne peut être prise qu’après acceptation écrite de l’intéressé.

Article L826-14

Le sapeur-pompier professionnel admis à bénéficier du projet de fin de carrière mentionné à l’article L. 826-13 ne peut exercer aucune activité en qualité de sapeur-pompier volontaire.
L’engagement souscrit antérieurement en qualité de sapeur-pompier volontaire prend fin à la date du reclassement de l’intéressé ou de la décision l’admettant au bénéfice d’un congé pour raison opérationnelle.
Sous-section 2 : Affectation à des fonctions non opérationnelles (Article L826-15)

Article L826-15

Le directeur des services départementaux d’incendie et de secours peut établir, après avis du comité d’hygiène et de sécurité, une liste d’emplois non opérationnels susceptibles d’être proposés par priorité aux sapeurs-pompiers professionnels bénéficiant du projet de fin de carrière mentionné à l’article L. 826-13.
Il rend compte chaque année au conseil d’administration du service d’incendie et de secours des affectations opérées sur les emplois figurant dans cette liste.

Sous-section 3 : Reclassement pour raison opérationnelle (Articles L826-16 à L826-19)

Article L826-16

Le reclassement d’un sapeur-pompier professionnel pour raison opérationnelle intervient, sur demande de l’intéressé, dans les conditions prévues au présent chapitre à l’exception du deuxième alinéa de l’article L. 826-4.

Article L826-17

Le reclassement d’un sapeur-pompier professionnel pour raison opérationnelle est réalisé par la voie du détachement dans un cadre d’emplois de niveau équivalent ou inférieur, dans les conditions prévues à la section 1 du chapitre III du titre Ier du livre V. Ce détachement ne peut être suivi d’une intégration.

Article L826-18

Le sapeur-pompier professionnel reclassé pour raisons opérationnelles perçoit pendant la durée de son détachement une indemnité spécifique d’un montant égal à l’indemnité de feu, calculée sur la base de l’indice détenu à la date du reclassement et soumise au même régime au regard des droits à pension.

Article L826-19

En cas de reclassement pour raison opérationnelle d’un sapeur-pompier professionnel, le service départemental d’incendie et de secours rembourse à la collectivité ou à l’établissement d’accueil :
1° Le montant de la différence de traitement résultant de l’application des dispositions de l’article L. 826-6 et de l’indemnité spécifique prévue à l’article L. 826-18 ;
2° Les contributions patronales versées à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
Pendant les deux premières années de détachement, le service départemental d’incendie et de secours rembourse les autres cotisations et contributions patronales afférentes à l’emploi occupé par l’intéressé.

Sous-section 4 : Congé pour raison opérationnelle (Articles L826-20 à L826-29)

Article L826-20

Le bénéfice du congé pour raison opérationnelle est ouvert au sapeur-pompier professionnel en position d’activité auprès d’un service départemental d’incendie et de secours et ayant accompli une durée de vingt-cinq années de services effectifs en tant que sapeur-pompier ou de services militaires.

Article L826-21

Le sapeur-pompier professionnel admis au bénéfice d’un congé pour raison opérationnelle perçoit un revenu de remplacement égal à 75 % :
1° Du traitement indiciaire brut afférent à l’emploi, au grade et à l’échelon ou chevron qu’il détenait effectivement depuis six mois au moins à la date de son départ en congé ;
2° De l’indemnité mentionnée à l’article L. 826-18.
Ce revenu est versé mensuellement par l’établissement qui employait l’intéressé à la date de son départ en congé pour raison opérationnelle.

Article L826-22

Le sapeur-pompier professionnel admis au bénéfice d’un congé pour raison opérationnelle doit opter :
1° Soit pour un congé avec faculté d’exercer une activité privée, dans les conditions déterminées à l’article L. 826-23 ;
2° Soit pour un congé avec constitution de droits à pension, dans les conditions déterminées par la présente sous-section.

Article L826-23

Le sapeur-pompier professionnel admis au bénéfice d’un congé pour raison opérationnelle avec faculté d’exercer une activité privée demeure assujetti, durant ce congé, à son régime de sécurité sociale pour l’ensemble des risques autres que les risques vieillesse et invalidité.
Dans ce cas, le revenu de remplacement mentionné à l’article L. 826-21 :
1° Donne lieu à la perception des cotisations prévues par les articles L. 131-2 et L. 711-2 du code de la sécurité sociale, de la contribution sociale généralisée et de la contribution pour le remboursement de la dette sociale ;
2° Peut être cumulé avec les revenus procurés par l’exercice d’une activité privée lucrative.

Article L826-24

En l’absence de proposition de reclassement dans un délai de deux mois à compter de sa demande de congé pour raison opérationnelle, le sapeur-pompier professionnel peut bénéficier, sur sa demande, d’un congé pour raison opérationnelle avec constitution de droits à pension.
En cas de refus des propositions de reclassement formulées dans le même délai de deux mois, dans un emploi de niveau équivalent et situé dans un lieu d’affectation proche de celui qu’il occupait au moment de sa demande, l’intéressé ne peut bénéficier d’un congé avec constitution de droits à pension.
Les conditions d’équivalence et de proximité susvisées sont précisées par décret.

Article L826-25

Le sapeur-pompier professionnel admis au bénéfice du congé pour raison opérationnelle avec constitution de droits à pension ne peut exercer aucune activité lucrative.
Cette interdiction ne s’applique pas à la production d’œuvres de l’esprit mentionnées à l’article L. 123-2, aux activités d’enseignement rémunérées sous forme de vacations ainsi qu’à la participation à des jurys d’examen et de concours.
En cas de violation de ces dispositions, le paiement du revenu de remplacement est suspendu et l’établissement concerné fait procéder au remboursement des sommes indûment perçues.

Article L826-26

Le sapeur-pompier professionnel en position de congé pour raison opérationnelle avec constitution de droits à pension peut à tout moment y renoncer, au bénéfice :
1° Soit d’un reclassement ;
2° Soit d’un congé pour raison opérationnelle avec faculté d’exercer une activité privée ;
3° Soit d’une mise à la retraite s’il a atteint son âge minimum d’ouverture des droits à pension.

Article L826-27

La durée du congé pour raison opérationnelle avec constitution de droits à pension est prise en compte pour la constitution et la liquidation des droits à pension en application du 2° de l’article L. 9 du code des pensions civiles et militaires de retraite.

Article L826-28

Le sapeur-pompier professionnel admis au bénéfice d’un congé pour raison opérationnelle est, sous réserve des dérogations prévues à l’article L. 826-29, mis à la retraite et radié des cadres à la fin du mois au cours duquel il atteint l’âge minimum d’ouverture du droit à pension.

Article L826-29

Le sapeur-pompier professionnel admis au bénéfice du congé opérationnel avec constitution de droits à pension peut, par dérogation à l’article L. 826-28 sur sa demande, être maintenu dans cette position au-delà de son âge minimum d’ouverture du droit à pension dans la limite de dix trimestres, sous réserve que le temps passé au titre du congé n’excède pas cinq ans. Il est alors mis à la retraite et radié des cadres.

Chapitre VII : Protection sociale complémentaire (Articles L827-1 à L827-12)

Section 1 : Dispositions communes (Articles L827-1 à L827-3)

Article L827-1

Les personnes publiques mentionnées à l’article L. 2 participent au financement des garanties de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les frais occasionnés par une maternité, une maladie ou un accident auxquelles souscrivent les agents que ces personnes publiques emploient.
Ces garanties sont au minimum celles définies au II de l’article L. 911-7 du code de la sécurité sociale.
Le montant de la participation ne peut être inférieur à la moitié du financement nécessaire à la couverture de ces garanties minimales.
Ces personnes publiques peuvent également participer au financement des garanties de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les risques d’incapacité de travail, d’invalidité, d’inaptitude ou de décès auxquelles souscrivent les agents qu’elles emploient.

Article L827-2

Lorsqu’un accord valide au sens de l’article L. 223-1 prévoit la souscription par un employeur public mentionné à l’article L. 2 d’un contrat collectif pour la couverture complémentaire de tout ou partie des risques mentionnés au quatrième alinéa de l’article L. 827-1, cet accord peut prévoir la participation obligatoire de l’employeur au financement des garanties destinées à couvrir tout ou partie des risques mentionnés au deuxième alinéa de ce dernier article.
Il peut également prévoir la souscription obligatoire des agents à tout ou partie des garanties que le contrat collectif comporte.

Article L827-3

La participation financière mentionnée à l’article L. 827-1 est réservée aux contrats à caractère collectif ou individuel sélectionnés par les employeurs publics au terme d’une procédure de mise en concurrence.
Ces contrats sont conformes aux conditions prévues au II de l’article L. 862-4 et à l’article L. 871-1 du code de la sécurité sociale et garantissent la mise en œuvre de dispositifs de solidarité entre les bénéficiaires, notamment en faveur des retraités et des familles.

Section 2 : Protection sociale complémentaire dans la fonction publique territoriale (Articles L827-4 à L827-12)

Sous-section 1 : Participation à la couverture des risques (Articles L827-4 à L827-8)

Article L827-4

Sont éligibles à la participation des collectivités territoriales et de leurs établissements publics mentionnés à l’article L. 4 les contrats destinés à couvrir les risques mentionnés à l’article L. 827-1 mettant en œuvre les dispositifs de solidarité mentionnés à l’article L. 827-3, cette condition étant attestée, par dérogation au premier alinéa de ce même article, par la délivrance d’un label dans les conditions prévues à l’article L. 310-12-2 du code des assurances, ou vérifiée dans le cadre de la procédure de mise en concurrence prévue à l’article L. 827-6.

Article L827-5

Les contrats mentionnés à l’article L. 827-4 sont proposés par les organismes suivants :
1° Mutuelles ou unions relevant du livre II du code de la mutualité ;
2° Institutions de prévoyance relevant du titre III du livre IX du code de la sécurité sociale ;
3° Entreprises d’assurance mentionnées à l’article L. 310-2 du code des assurances.

Article L827-6

Afin d’assurer à leurs agents la couverture complémentaire de l’un ou l’autre ou de l’ensemble des risques mentionnés à l’article L. 827-1, les collectivités territoriales et leurs établissements publics ont la faculté de conclure une convention de participation avec un des organismes mentionnés à l’article L. 827-5, à l’issue d’une procédure de mise en concurrence transparente et non discriminatoire permettant de vérifier que les dispositifs de solidarité mentionnés à l’article L. 827-3 sont mis en œuvre.
Dans ce cas, les collectivités et leurs établissements publics ne peuvent verser d’aide qu’au bénéfice des agents territoriaux ayant souscrit un contrat faisant l’objet de la convention de participation.
Les agents territoriaux retraités peuvent souscrire un contrat faisant l’objet d’une convention de participation conclue par leur dernière collectivité ou établissement public d’emploi.

Article L827-7

Les centres de gestion concluent, pour le compte des collectivités territoriales et de leurs établissements publics et afin de couvrir pour leurs agents, au titre de la protection sociale complémentaire, les risques mentionnés à l’article L. 827-1, des conventions de participation avec les organismes mentionnés à l’article L. 827-5 dans les conditions prévues à l’article L. 827-4.
Ces conventions peuvent être conclues à un niveau régional ou interrégional selon les modalités déterminées par le schéma régional ou interrégional de coordination, de mutualisation et de spécialisation mentionné à l’article L. 452-11.

Article L827-8

Les collectivités et établissements publics peuvent adhérer aux conventions mentionnées à l’article L. 827-7 pour un ou plusieurs des risques que ces conventions sont destinées à couvrir, après signature d’un accord avec le centre de gestion de leur ressort.

Sous-section 2 : Participation au financement des garanties de protection sociale complémentaire (Articles L827-9 à L827-12)

Article L827-9

Dans les conditions définies à l’article L. 827-10, les collectivités territoriales et leurs établissements publics participent au financement des garanties de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les frais occasionnés par une maternité, une maladie ou un accident auxquelles souscrivent les agents qu’elles emploient.
Par dérogation aux dispositions de l’article L. 827-1, elles participent également, dans les conditions définies à l’article L. 827-11, au financement des garanties de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les risques d’incapacité de travail, d’invalidité, d’inaptitude ou de décès auxquelles souscrivent les agents qu’elles emploient. 

Article L827-10

Les garanties de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les frais occasionnés par une maternité, une maladie ou un accident mentionnées à l’article L. 827-9 sont au minimum celles définies au II de l’article L. 911-7 du code de la sécurité sociale.
La participation des collectivités territoriales et de leurs établissements publics au financement de ces garanties ne peut être inférieure à la moitié d’un montant de référence fixé par décret.

Article L827-11

La participation des collectivités territoriales et de leurs établissements publics au financement des garanties de protection sociale complémentaire destinées à couvrir les risques d’incapacité de travail, d’invalidité, d’inaptitude ou de décès ne peut être inférieure à 20 % d’un montant de référence fixé par décret.
Ce décret précise les garanties minimales que comprennent les contrats prévus à l’article L. 827-9.

Article L827-12

Dans les six mois suivant leur renouvellement général, les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics organisent un débat portant sur les garanties accordées aux agents en matière de protection sociale complémentaire.

Chapitre VIII : Dispositions liées au décès (Articles L828-1 à L828-4)

Section 1 : Prestations liées au décès (Article L828-1)

Article L828-1

Le décès en service du fonctionnaire ouvre droit au profit de ses ayants droit au paiement d’un capital décès.

Section 2 : Promotion et titularisation à titre posthume (Articles L828-2 à L828-4)

Article L828-2

Le sapeur-pompier professionnel cité à titre posthume à l’ordre de la Nation fait l’objet d’une promotion au grade, ou à défaut, à l’échelon immédiatement supérieur à celui qu’il avait atteint.
Cette promotion doit en tout état de cause conduire à l’attribution d’un indice supérieur à celui que l’intéressé détenait antérieurement.
L’indice résultant de cette promotion est prise en compte pour le calcul des pensions et des rentes viagères d’invalidité attribuées aux ayants droit de l’intéressé.

Article L828-3

Le fonctionnaire mentionné à l’article L. 522-31, tué au cours d’une opération de police ou décédé en service et cité à l’ordre de la Nation, fait l’objet à titre posthume d’une promotion au cadre d’emplois hiérarchiquement supérieur ou, à défaut, au grade ou à un échelon supérieur à celui qu’il avait atteint.
Cette promotion conduit à attribuer une rémunération à un indice supérieur à celui que le fonctionnaire détenait antérieurement.

Article L828-4

Le fonctionnaire stagiaire de police municipale mortellement blessé dans l’exercice de ses fonctions peut, à titre posthume, être titularisé dans son cadre d’emplois.

Chapitre IX : Dispositions propres aux agents contractuels (Articles L829-1 à L829-2)

Article L829-1

Les agents contractuels bénéficient de règles de protection sociale semblables à celles des fonctionnaires, sauf en ce qui concerne les régimes d’assurance maladie et d’assurance vieillesse.

Article L829-2

Les modalités de contrôle applicables aux fonctionnaires territoriaux en congé de maladie sont applicables également aux agents sous contrat de droit privé. 

Titre III : DISPOSITIONS PARTICULIÈRES RELATIVES À L’OUTRE-MER

Chapitre Ier : Dispositions particulières aux collectivités régies par l’article 73 de la Constitution, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon

Ce chapitre ne comprend pas de dispositions législatives.

Chapitre II : Dispositions particulières aux îles Wallis et Futuna, à la Polynésie française, à la Nouvelle-Calédonie et aux Terres australes et antarctiques françaises

Ce chapitre ne comprend pas de dispositions législatives.

Fait le 24 novembre 2021.

Emmanuel Macron
Par le Président de la République :

Le Premier ministre,
Jean Castex

La ministre de la transformation et de la fonction publiques,
Amélie de Montchalin

Le ministre des outre-mer,
Sébastien Lecornu

La ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales,
Jacqueline Gourault

Le ministre des solidarités et de la santé,