Infos d'un Technicien de l'Environnement en poste
Publié : 02 févr. 2018 17:31
Bonjour à toutes et tous,
En poste à l’O.N.C.F.S. depuis un peu plus de dix ans, et sachant qu’il n’est pas toujours facile d’obtenir des réponses à ses questions lorsqu’on prépare un concours, je me propose de vous donner quelques infos sur la profession de Technicien, la rémunération, le métier, etc.
Je parlerais bien sûr davantage de l’O.N.C.F.S. , puisque c’est l’établissement que je connais le mieux, mais ayant des collègues et amis dans les parcs nationaux et à l’AFB, je vous donnerai aussi quelques infos sur ces établissements, dont les agents vous parleront cependant mieux que moi En outre, je ne présume pas de l’avenir, ce que je vous dis ici était valable ou/et est valable aujourd’hui.
En guise de brève présentation, j’ai passé le concours (externe) d’Agent Technique en 2007. Après 8 ans en poste, j’ai réussi le concours (interne) de Technicien de 2015. Je suis à présent technicien depuis environ 2 ans. J’ai une quarantaine d’années
Le concours :
Je me garderais bien de parler des épreuves spécifiques à l’externe...puisque je l’ai passé en interne. Je puis vous donner un conseil, celui de vous préparer sérieusement, beaucoup de candidats arrivant pas ou peu préparés. En outre, ne vous découragez pas au vu du nombre de candidats inscrits, ce concours est abordable avec du travail, et ce même si vous avez une famille, des enfants, tout est question d’organisation.
Une fois les écrits passés, n’attendez pas les résultats pour vous préparer aux oraux, le temps passe vite ! Pour la carto, bossez utilisation de la boussole, réalisation de profil en travers, repérage carte-photo, etc. Pour le sport, nagez et courrez régulièrement, et même si vous n’êtes pas un sportif accompli ce n’est pas grave, faites au mieux et n’oubliez pas que c’est l’entretien avec le jury qui est déterminant (coef largement supérieur aux autres épreuves). Et puis, pour ceux qui sont fâchés avec l’eau (c’est plus souvent le cas qu’avec la piste de cross), n’oubliez pas que la natation ne compte que pour 1/3 dans la note de sport.
D’un point de vue logistique, en 2015 les épreuves d’admissibilités et de carto se sont déroulées en local, le sport et l’entretien sur Paris. Enfin, il est vrai que les annales récentes sont visiblement difficiles à trouver...
Voilà pour la partie « concours », mais cela était valable jusqu’à maintenant, je ne présume en rien de la cuvée 2018 !
L’affectation :
Une fois le concours réussi, on vous fournira une liste de postes à classer suivant vos préférences. A noter qu’en 2015, il y avait uniquement des postes à l’ONCFS et à l’ONEMA, mais cela était précisé en amont du concours.
Le principe est simple : les internes choisissent avant vous, le premier classé choisit en premier et ainsi de suite. En général, les postes en parc, quant il y en a, partent en premier, de même que les destinations au sud, en montagne, les postes plus « techniques », etc. Les derniers du concours externes se retrouvent souvent à choisir entre le nord-ouest, le nord-est et la région parisienne, c’est ainsi. Ceci étant, les Parcs ne sont pas forcément la panacée, j’y reviendrai. Ce principe d’affectation initiale, il faut vous y préparer, aucun motif (familial ou autre) ne vous servira de passe-droit sauf peut-être une raison médicale sérieuse et encore. Vous pourrez bouger par la suite (on y reviendra), mais au début cela se passe ainsi.
Là encore, sous réserve que tout n'ait pas changé, mais les grands principes devraient perdurer.
La formation :
Les lauréats effectuent une année de formation, se partageant entre leur poste définitif et des cours, et ce en différents lieux. Pour l’ONCFS, les cours se sont essentiellement déroulés près d’Orléans, à Dry, mais les lauréats de l’Onema, par exemple (et oui, ce n’était pas encore l’AFB) se sont partagés entre l’école du Paraclet près de Lille et plusieurs lieux en France...sachant que les 3 premiers mois, on étaient tous ensemble à...Aix-en-Provence. Bien sûr, les internes sont exemptés de certains modules, mais pas les externes, logiques.
Vous touchez un salaire (sans les primes) et êtes logés (lors des cours) et défrayés sur vos frais de déplacement, mais il est nécessaire de vous préparer psychologiquement à voir vos proches en pointillé durant cette période. Cela en vaut la peine, mais chacun est différent et apte à supporter cela.
Vous suivrez notamment une formation au maniement de l’arme de service. En général, cette mention de l’arme fait beaucoup parler les candidats, qui sont pour, contre, ni pour ni contre. Dites-vous qu’il s’agit d’un passage obligé qui ne doit pas vous inquiétez. En service, vous la porterez souvent à l’ONCFS (mais pas toujours, halte aux clichés!), un peu moins à l’AFB (ex ONEMA) et encore moins voire pas du tout dans les parcs (sauf Guyane et Guadeloupe, arme davantage portée).
Le métier :
Je vais commencer par ce que je connais le mieux, logique, à savoir l’ONCFS : cet établissement est organisé en services départementaux, eux-mêmes regroupés en Directions Régionales. De grandes Directions complètent ce schéma, notamment la Direction de la Recherche et de l’Expertise.
La plupart des postes proposés au concours vous affecteront en service départementaux, en tant que :
- Adjoint au chef du service départemental,
- Chef d’unité (brigades ou pôles suivant les départements),
- Technicien à compétences transversales (diverses missions suivant fiche de poste).
En ce qui concerne, je suis chef de brigade, mais aussi chargé de missions transversales, notamment pour tout ce qui a trait au commerce des espèces sauvages. J’alterne entre :
- Des tâches administratives et d’encadrement (gestion planning des agents, réalisation des entretiens professionnel, programmation des activités, etc),
- Des missions techniques (suivi loup et constats d’attaque sur troupeaux, vautours, etc, suivi castor, etc),
- Des missions de polices (Convention de Washington = commerce espèces, notamment via Internet = ivoire, tortues, etc ; police de la chasse, de la pêche ; atteinte espèces protégées et habitats protégés, etc)
En tant que technicien, le « terrain » représente seulement 30 %, le bureau 70 %. Cela est cependant variable selon le département considéré, l’organisation, etc. Mais ne vous y trompez pas, vous passerez quand même beaucoup de temps devant l’ordinateur. En outre, et bien que plutôt enclin à faire du « technique », celle-ci reste limitée à l’ONCFS en service départemental, et la police représente, là encore, environ 70 % de mon temps.
Il existe également ce qu’on appelle des « brigades mobiles d’intervention » ou bmi, dont les agents viennent renforcer ponctuellement les services, essentiellement sur des missions de police. En poste en bmi, vous serez souvent amené à partir de chez vous pour plusieurs jours ou semaines...avec des phases de congés en parallèle.
Vous pourriez aussi vous retrouver en cellule technique de Direction Régionale. Là, pas de police, mais un travail sur telles ou telles espèces (par exemple : grands prédateurs).
Vous pourriez également entrer à la Direction de la recherche et de l’expertise, dans un pôle à la thématique précise (ongulés sauvages, prédateurs et déprédateurs, migrateurs, etc). Là encore, pas de police et uniquement du suivi et de la compilation de données scientifiques.
Enfin, vous pourriez devenir « inspecteur du permis de chasser », tout est dans le titre.
Notez cependant que les postes « techniques » sont rarement proposés au concours, et difficiles (mais pas impossibles) à obtenir par la suite.
Notez également que l’ONCFS est présent en métropole, mais aussi à la Réunion (unité mixte ONCFS – ONF – AFB), à la Guadeloupe, en Martinique, à Saint Pierre et Miquelon, à Mayotte et en Guyane. En ces lieux, le travail pourrait être très différent de celui de la métropole, eut égard aux enjeux locaux.
Enfin, l’ONCFS n’est-pour l’instant-pas intégré à l’AFB, mais cela pourrait changer très vite, cette option étant envisagée par nos gouvernants.
L’AFB :
L’Agence Française de la Biodiversité a été créée récemment, et cherche encore ses marques. Pour ceux et celles qui se demandent quelle est la culture de cette structure, qui regroupe en fait plusieurs établissements qui existaient avant, il m’est donc difficile de leur répondre. A l’issue du concours, vous pourriez être affecté à l’AFB (postes ex-ONEMA uniquement en principe). Lors du dernier concours, on avait le choix entre :
- Soit chef de service. Ces postes sont très politiques, vous devrez gérez les relations avec la Préfecture, les élus, et surtout la profession agricole. Pas toujours facile tant le dossier « eau » est sensible, mais intéressant c’est certain.
- Soit technicien « connaissance » affecté au sein d’une région, plus particulièrement chargé des habitats, de la police, etc.
A noter que l’ex-ONEMA ne se charge plus de « police de la pêche », à l’exception de celle relative aux grands migrateurs (anguille surtout), et la surveillance des lacs Alpins (unité spécialisée « écosystèmes lacustres »). Leur métier tourne essentiellement autour de la police de l’eau, et ils passent un temps certain au bureau à étudier des dossiers. Les suivis d’espèces existent encore (indice poissons, écrevisses, etc) mais tendent à être de plus en plus délégués à des structures privées (notamment les pêches électriques). Reste néanmoins, en local, des suivis particuliers qui peuvent être très intéressants.
Les parc nationaux :
Parcs de montagnes, littoraux ou ultra-marins, ils font souvent rêver. C’est vrai que le travail y est intéressant, mais il convient d’avoir bien conscience de deux choses :
- Les postes sont souvent affectés en zone rurale, plus ou moins isolée et surtout sans beaucoup de perspective d’emploi pour un conjoint qui ne serait pas profession libérale ou guide nature, restaurateur, etc bref des métiers pouvant s'exercer même loin des agglomérations, même petites. Cette remarque est moins vrai parfois, comme pour le Parc des Calanques (Marseille), mais très à propos pour les parcs de montagnes par exemple. Il faut y songer, la désillusion peut être importante.
- Le garde moniteur naturaliste qui passe 80 % de son temps à observer la faune et la flore et à la suivre est une image d’Epinal...qui a vécu. Aujourd’hui, les relations avec les élus et les usagers, l’éducation à l’environnement, l’entretien des équipements, etc, représente une part importante du métier, et le suivi faune/flore je dirais aux alentours de 40 % du temps de travail.
Pour conclure sur ses brèves présentations, je vous conseille de ne pas hésiter à vous rapprocher des services ONCFS, AFB, parcs proches de vous pour leur demander de vous renseigner sur le métier. Les agents sont la plupart du temps heureux de vous parler de leur métier et cela vous apportera beaucoup, vous aidera à y voir plus clair et à ne pas vous tromper sur votre choix de carrière.
En cours de carrière, vous pourrez changer d’établissement. En général, on vous demande 2 ans sur un premier poste mais cela ne se vérifie pas toujours. Attention, certaines places sont chères, et il n’ait pas toujours facile d’obtenir ce que l’on souhaite, du moins rapidement. Il ya deux mouvements par an, l’un en mars (postes vacants publiés en mars – prise de poste en septembre), l’autre l’été (postes vacants publiés fin juillet – prise de poste en janvier de l’année suivante).
La rémunération :
A titre indicatif, au 6ème échelon du grade de Technicien de l’environnement, je touche environ 2300 euros net, dont un fixe de 1705 euros environ. La différence ce sont des primes...sur lesquelles vous ne cotisez presque pas pour la retraite. Donc encore un élément à prendre en compte.
Après vous êtes habillés, équipés et défrayés sur une partie de vos frais de déplacement, vous utilisez des voitures de services, etc.
En conclusion, bon courage à toutes et tous, en espérant vous voir bientôt arriver dans nos établissements!
Cordialement,
Amphiprion
En poste à l’O.N.C.F.S. depuis un peu plus de dix ans, et sachant qu’il n’est pas toujours facile d’obtenir des réponses à ses questions lorsqu’on prépare un concours, je me propose de vous donner quelques infos sur la profession de Technicien, la rémunération, le métier, etc.
Je parlerais bien sûr davantage de l’O.N.C.F.S. , puisque c’est l’établissement que je connais le mieux, mais ayant des collègues et amis dans les parcs nationaux et à l’AFB, je vous donnerai aussi quelques infos sur ces établissements, dont les agents vous parleront cependant mieux que moi En outre, je ne présume pas de l’avenir, ce que je vous dis ici était valable ou/et est valable aujourd’hui.
En guise de brève présentation, j’ai passé le concours (externe) d’Agent Technique en 2007. Après 8 ans en poste, j’ai réussi le concours (interne) de Technicien de 2015. Je suis à présent technicien depuis environ 2 ans. J’ai une quarantaine d’années
Le concours :
Je me garderais bien de parler des épreuves spécifiques à l’externe...puisque je l’ai passé en interne. Je puis vous donner un conseil, celui de vous préparer sérieusement, beaucoup de candidats arrivant pas ou peu préparés. En outre, ne vous découragez pas au vu du nombre de candidats inscrits, ce concours est abordable avec du travail, et ce même si vous avez une famille, des enfants, tout est question d’organisation.
Une fois les écrits passés, n’attendez pas les résultats pour vous préparer aux oraux, le temps passe vite ! Pour la carto, bossez utilisation de la boussole, réalisation de profil en travers, repérage carte-photo, etc. Pour le sport, nagez et courrez régulièrement, et même si vous n’êtes pas un sportif accompli ce n’est pas grave, faites au mieux et n’oubliez pas que c’est l’entretien avec le jury qui est déterminant (coef largement supérieur aux autres épreuves). Et puis, pour ceux qui sont fâchés avec l’eau (c’est plus souvent le cas qu’avec la piste de cross), n’oubliez pas que la natation ne compte que pour 1/3 dans la note de sport.
D’un point de vue logistique, en 2015 les épreuves d’admissibilités et de carto se sont déroulées en local, le sport et l’entretien sur Paris. Enfin, il est vrai que les annales récentes sont visiblement difficiles à trouver...
Voilà pour la partie « concours », mais cela était valable jusqu’à maintenant, je ne présume en rien de la cuvée 2018 !
L’affectation :
Une fois le concours réussi, on vous fournira une liste de postes à classer suivant vos préférences. A noter qu’en 2015, il y avait uniquement des postes à l’ONCFS et à l’ONEMA, mais cela était précisé en amont du concours.
Le principe est simple : les internes choisissent avant vous, le premier classé choisit en premier et ainsi de suite. En général, les postes en parc, quant il y en a, partent en premier, de même que les destinations au sud, en montagne, les postes plus « techniques », etc. Les derniers du concours externes se retrouvent souvent à choisir entre le nord-ouest, le nord-est et la région parisienne, c’est ainsi. Ceci étant, les Parcs ne sont pas forcément la panacée, j’y reviendrai. Ce principe d’affectation initiale, il faut vous y préparer, aucun motif (familial ou autre) ne vous servira de passe-droit sauf peut-être une raison médicale sérieuse et encore. Vous pourrez bouger par la suite (on y reviendra), mais au début cela se passe ainsi.
Là encore, sous réserve que tout n'ait pas changé, mais les grands principes devraient perdurer.
La formation :
Les lauréats effectuent une année de formation, se partageant entre leur poste définitif et des cours, et ce en différents lieux. Pour l’ONCFS, les cours se sont essentiellement déroulés près d’Orléans, à Dry, mais les lauréats de l’Onema, par exemple (et oui, ce n’était pas encore l’AFB) se sont partagés entre l’école du Paraclet près de Lille et plusieurs lieux en France...sachant que les 3 premiers mois, on étaient tous ensemble à...Aix-en-Provence. Bien sûr, les internes sont exemptés de certains modules, mais pas les externes, logiques.
Vous touchez un salaire (sans les primes) et êtes logés (lors des cours) et défrayés sur vos frais de déplacement, mais il est nécessaire de vous préparer psychologiquement à voir vos proches en pointillé durant cette période. Cela en vaut la peine, mais chacun est différent et apte à supporter cela.
Vous suivrez notamment une formation au maniement de l’arme de service. En général, cette mention de l’arme fait beaucoup parler les candidats, qui sont pour, contre, ni pour ni contre. Dites-vous qu’il s’agit d’un passage obligé qui ne doit pas vous inquiétez. En service, vous la porterez souvent à l’ONCFS (mais pas toujours, halte aux clichés!), un peu moins à l’AFB (ex ONEMA) et encore moins voire pas du tout dans les parcs (sauf Guyane et Guadeloupe, arme davantage portée).
Le métier :
Je vais commencer par ce que je connais le mieux, logique, à savoir l’ONCFS : cet établissement est organisé en services départementaux, eux-mêmes regroupés en Directions Régionales. De grandes Directions complètent ce schéma, notamment la Direction de la Recherche et de l’Expertise.
La plupart des postes proposés au concours vous affecteront en service départementaux, en tant que :
- Adjoint au chef du service départemental,
- Chef d’unité (brigades ou pôles suivant les départements),
- Technicien à compétences transversales (diverses missions suivant fiche de poste).
En ce qui concerne, je suis chef de brigade, mais aussi chargé de missions transversales, notamment pour tout ce qui a trait au commerce des espèces sauvages. J’alterne entre :
- Des tâches administratives et d’encadrement (gestion planning des agents, réalisation des entretiens professionnel, programmation des activités, etc),
- Des missions techniques (suivi loup et constats d’attaque sur troupeaux, vautours, etc, suivi castor, etc),
- Des missions de polices (Convention de Washington = commerce espèces, notamment via Internet = ivoire, tortues, etc ; police de la chasse, de la pêche ; atteinte espèces protégées et habitats protégés, etc)
En tant que technicien, le « terrain » représente seulement 30 %, le bureau 70 %. Cela est cependant variable selon le département considéré, l’organisation, etc. Mais ne vous y trompez pas, vous passerez quand même beaucoup de temps devant l’ordinateur. En outre, et bien que plutôt enclin à faire du « technique », celle-ci reste limitée à l’ONCFS en service départemental, et la police représente, là encore, environ 70 % de mon temps.
Il existe également ce qu’on appelle des « brigades mobiles d’intervention » ou bmi, dont les agents viennent renforcer ponctuellement les services, essentiellement sur des missions de police. En poste en bmi, vous serez souvent amené à partir de chez vous pour plusieurs jours ou semaines...avec des phases de congés en parallèle.
Vous pourriez aussi vous retrouver en cellule technique de Direction Régionale. Là, pas de police, mais un travail sur telles ou telles espèces (par exemple : grands prédateurs).
Vous pourriez également entrer à la Direction de la recherche et de l’expertise, dans un pôle à la thématique précise (ongulés sauvages, prédateurs et déprédateurs, migrateurs, etc). Là encore, pas de police et uniquement du suivi et de la compilation de données scientifiques.
Enfin, vous pourriez devenir « inspecteur du permis de chasser », tout est dans le titre.
Notez cependant que les postes « techniques » sont rarement proposés au concours, et difficiles (mais pas impossibles) à obtenir par la suite.
Notez également que l’ONCFS est présent en métropole, mais aussi à la Réunion (unité mixte ONCFS – ONF – AFB), à la Guadeloupe, en Martinique, à Saint Pierre et Miquelon, à Mayotte et en Guyane. En ces lieux, le travail pourrait être très différent de celui de la métropole, eut égard aux enjeux locaux.
Enfin, l’ONCFS n’est-pour l’instant-pas intégré à l’AFB, mais cela pourrait changer très vite, cette option étant envisagée par nos gouvernants.
L’AFB :
L’Agence Française de la Biodiversité a été créée récemment, et cherche encore ses marques. Pour ceux et celles qui se demandent quelle est la culture de cette structure, qui regroupe en fait plusieurs établissements qui existaient avant, il m’est donc difficile de leur répondre. A l’issue du concours, vous pourriez être affecté à l’AFB (postes ex-ONEMA uniquement en principe). Lors du dernier concours, on avait le choix entre :
- Soit chef de service. Ces postes sont très politiques, vous devrez gérez les relations avec la Préfecture, les élus, et surtout la profession agricole. Pas toujours facile tant le dossier « eau » est sensible, mais intéressant c’est certain.
- Soit technicien « connaissance » affecté au sein d’une région, plus particulièrement chargé des habitats, de la police, etc.
A noter que l’ex-ONEMA ne se charge plus de « police de la pêche », à l’exception de celle relative aux grands migrateurs (anguille surtout), et la surveillance des lacs Alpins (unité spécialisée « écosystèmes lacustres »). Leur métier tourne essentiellement autour de la police de l’eau, et ils passent un temps certain au bureau à étudier des dossiers. Les suivis d’espèces existent encore (indice poissons, écrevisses, etc) mais tendent à être de plus en plus délégués à des structures privées (notamment les pêches électriques). Reste néanmoins, en local, des suivis particuliers qui peuvent être très intéressants.
Les parc nationaux :
Parcs de montagnes, littoraux ou ultra-marins, ils font souvent rêver. C’est vrai que le travail y est intéressant, mais il convient d’avoir bien conscience de deux choses :
- Les postes sont souvent affectés en zone rurale, plus ou moins isolée et surtout sans beaucoup de perspective d’emploi pour un conjoint qui ne serait pas profession libérale ou guide nature, restaurateur, etc bref des métiers pouvant s'exercer même loin des agglomérations, même petites. Cette remarque est moins vrai parfois, comme pour le Parc des Calanques (Marseille), mais très à propos pour les parcs de montagnes par exemple. Il faut y songer, la désillusion peut être importante.
- Le garde moniteur naturaliste qui passe 80 % de son temps à observer la faune et la flore et à la suivre est une image d’Epinal...qui a vécu. Aujourd’hui, les relations avec les élus et les usagers, l’éducation à l’environnement, l’entretien des équipements, etc, représente une part importante du métier, et le suivi faune/flore je dirais aux alentours de 40 % du temps de travail.
Pour conclure sur ses brèves présentations, je vous conseille de ne pas hésiter à vous rapprocher des services ONCFS, AFB, parcs proches de vous pour leur demander de vous renseigner sur le métier. Les agents sont la plupart du temps heureux de vous parler de leur métier et cela vous apportera beaucoup, vous aidera à y voir plus clair et à ne pas vous tromper sur votre choix de carrière.
En cours de carrière, vous pourrez changer d’établissement. En général, on vous demande 2 ans sur un premier poste mais cela ne se vérifie pas toujours. Attention, certaines places sont chères, et il n’ait pas toujours facile d’obtenir ce que l’on souhaite, du moins rapidement. Il ya deux mouvements par an, l’un en mars (postes vacants publiés en mars – prise de poste en septembre), l’autre l’été (postes vacants publiés fin juillet – prise de poste en janvier de l’année suivante).
La rémunération :
A titre indicatif, au 6ème échelon du grade de Technicien de l’environnement, je touche environ 2300 euros net, dont un fixe de 1705 euros environ. La différence ce sont des primes...sur lesquelles vous ne cotisez presque pas pour la retraite. Donc encore un élément à prendre en compte.
Après vous êtes habillés, équipés et défrayés sur une partie de vos frais de déplacement, vous utilisez des voitures de services, etc.
En conclusion, bon courage à toutes et tous, en espérant vous voir bientôt arriver dans nos établissements!
Cordialement,
Amphiprion